Chères et chers collègues,
En février prochain, nous serons déjà à mi-mandat de l’équipe présidentielle. Lors des élections de 2024, deux listes étaient opposées : Réussir avec l’UA (F. Grolleau) et Notre Université (C. Daniel).
Si la liste portée par F. Grolleau est assez largement majoritaire au Conseil d’Administration (CA), la présence des élus de Notre Université dans les bureaux des commissions n’est pas proportionnelle aux résultats électoraux plus équilibrés à la CFVU et à la CR, alors que c’est là que s’élabore in fine la politique de l’université. En outre, malgré différentes demandes, nous n’avons pas la possibilité de communiquer avec les personnels et les étudiants de manière officielle et transparente. Nous l’avons regretté dès le début du mandat, même si cela n’a pas altéré notre volonté de vouloir coopérer pour travailler de manière constructive avec la présidence. Quand certaines de nos propositions sont reprises, il faudrait que nous y soyons associés, ce qui n’est généralement pas le cas.
C’est pourquoi, si nous reconnaissons que les difficultés que connait l’UA sont partagées par presque 80 % des universités françaises et que les solutions sont difficiles à accepter et à faire accepter, nous souhaitons tout de même vous faire part de nos profonds désaccords avec un certain nombre de décisions prises récemment et surtout avec la manière dont ces décisions ont été prises, selon un mode opératoire trop souvent utilisé depuis les élections de 2024.
C’est dans l’unique but de soutien à l’université d’Angers que nous vous adressons cette lettre.
Notre blog est toujours actif et vous proposera régulièrement différentes informations sur les actualités de l’UA.
Blog de Notre Université : www.notreuniversite.com
En fin d’année 2025, un certain nombre d’évènements ont en effet eu lieu à l’Université d’Angers et il nous semble important de partager avec vous nos points de vue.
Une Assemblée Générale (AG) sur les difficultés financières de l’UA a eu lieu le 18 novembre. La majorité des questions posées par les personnels, en particulier sur les non-reconductions de certaines missions contractuelles, n’ont pas trouvé de réponses convaincantes de la présidence. Celle-ci a certes repris des éléments de notre programme, sur la nécessaire déconcentration de moyens humains vers les composantes, mais en en déformant l’esprit : il n’était absolument pas question pour nous de revenir sur les engagements pris par l’UA sur les emplois de contractuels, fussent-ils par l’équipe précédente, et le respect des personnels n’est pas une option négociable de notre point de vue.
D’autres AG, dans certaines composantes, ont eu lieu sur la « Convention de Coordination Territoriale » (CCT) in extremis le 10 décembre, soit la veille du vote de ce texte par le CA. Malgré nos demandes répétées de l’organisation d’une véritable réflexion avec les personnels et les étudiants sur cette importante question, les grandes lignes de ce texte étaient déjà rédigées depuis plusieurs mois. Plusieurs UFR (LLSH, Sciences et Polytech) avaient également voté des motions demandant une discussion claire avec l’ensemble de la communauté réunie en assemblée générale sur la CCT et demandant le report du vote du texte par le CA. Ces motions n’ont pas été prises en compte. Une CCT est peut-être une bonne chose, peut-être pas. A ce stade, elle n’est qu’une formalisation de l’existant, mais elle engage aussi à une évolution future qui ne serait probablement pas favorable à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche publics. Avons-nous par exemple débattu de la probable baisse des capacités d‘accueil mise en place dans de nombreuses universités publiques, à mettre en regard avec la concurrence accrue de l’enseignement supérieur privé qui ouvre des formations concurrentes des nôtres – mais pas au même prix – ?
Ces débats n’ont pas eu lieu.
Une illustration de cette opacité concerne la nouvelle licence « Professorat des Ecoles » (LPE). Le conseil de l’UFR LLSH a voté contre le portage par l’UA de cette LPE des Facultés Libres de l’Ouest (UCO). La CFVU a confirmé ce vote. La présidence a néanmoins décidé de faire voter le CA sur ce point, déjugeant ainsi les conseils d’UFR et la CFVU.
Nous avons également le sentiment d’un déni démocratique lorsque les décisions sont prises avant les réunions de bureau de la CFVU et de la CR par une partie de l’équipe présidentielle. Aucune leçon n’est tirée du passé, avec les expériences du PRES, de l’UBL, de la COMUE -dissoute unilatéralement sans concertation interne ni externe-, d’EU Green, et de Thélème dont le projet est prématurément stoppé par l’ANR pour des raisons qui elles aussi mériteraient d’être présentées et débattues devant la communauté.
Ainsi, face aux grandes difficultés que nous connaissons, des décisions importantes qui nous concernent tous et toutes ont été prises en catimini. Même si la marge de manœuvre laissée par le gouvernement est faible, des stratégies choisies par la présidence de l’UA ont été imposées : « l’Atérisation 3 ans » des postes vacants d’enseignants, assouplies par des « exceptions intelligentes », le chronophage système des bonus des laboratoires, et les réponses positives ou négatives, sans concertation et sans mobilisation des personnels concernés, aux appels à projets nationaux ou internationaux.
Ces décisions, qui ne sont discutées qu’avec des élus locaux ou d’autres établissements d’enseignement supérieur angevins, sont prises en évitant le dialogue avec les personnels et les étudiants de l’UA : comment pourraient-elles alors entraîner une adhésion ?
Les solutions que nous proposons ne sauraient se limiter à une dimension technique ou idéologique, elles doivent être partagées par le plus grand nombre. Il est temps de sortir de la posture du bon élève qui peut toujours faire plus avec moins. Nous aussi souhaitons avoir de bonnes relations avec nos partenaires, mais la dégradation de nos conditions de travail doit nous inciter à changer de stratégie.
Aucune méthode ne sera indolore et miraculeuse. Et même si les contraintes sont grandes, les solutions potentielles sont nombreuses, plurielles et multiformes. Sont-elles envisagées ? Sont-elles proposées sous forme d’alternatives pouvant faire l’objet de réflexions collectives, en conseil, en commission, dans le respect de la démocratie universitaire ? Nous pensons qu’elles ne le sont pas (assez). Citons certaines de nos propositions à titre d’exemples :
- Instauration d’AG régulières de la présidence dans les composantes, les campus ou les SFR selon les sujets. Ceci permettra de restaurer un dialogue étroit qui a disparu avec les Contrats Pluriannuels d’Objectifs et de Moyens (CPOM).
- Discussion et vote préalable par les conseils d’UFR concernant les décisions importantes soumises au vote d’une commission ou d’un conseil central.
- Réduction de la « comitologie » (sic !) lourde et stérile des GT et autres WP dont la composition est souvent définie unilatéralement.
- Réflexion collective sur la construction du budget et des campagnes d’emplois menant à de véritables alternatives ayant l’avenir de l’UA pour seule ambition. Aujourd’hui, soit on vote un budget insatisfaisant, soit on renonce à une maigre campagne d’emplois.
Beaucoup d’entre nous sommes élus dans les conseils. Nous sommes là pour faire entendre votre voix. N’hésitez pas à nous contacter : notreuniversite.ua@gmail.com
Nous vous adressons nos meilleurs vœux pour 2026, pour vos proches et vous, et pour l’Université d’Angers !
Le 22 janvier 2026
Les élus de Notre Université
Au CA
Catherine Deffains-Crapsky (PU Gestion)
Ludovic Martin (PUPH Médecine)
Tassadit Amghar (MCF Informatique)
Laetitia Pérez (MCF Automatique)
Christophe Daniel (MCF Economie)
Lucie Flores (IGE)
A la CFVU
Cécile Meynard (PU Littérature française)
Souhil Lebdai (PUPH Médecine)
Denis Gindre (PU Physique)
Philippe Le Gall (PU Economie)
Alain Clément (MCF Génie Informatique)
Laetitia Langlois (MCF Anglais)
Anne-Laurence Penchaud (MCF Sociologie)
David Cayla (MCF Economie)
Margot Philipps (Biatss)
A la CR
Anne-Rachel Hermetet (PU Littérature comparée)
Frédéric Lagarce (PUPH Pharmacie)
Aline Schmidt (PUPH Médecine)
Jérôme Boursier (PUPH Médecine)
Philippe Duhamel (PU Géographie)
Jean-Baptiste Fasquel (PU Automatique et Génie Informatique)
Antony Taillefait (PU Droit public)
Nicolas Mercier (PU Chimie)
Clément Marie-dit-Chirot (MCF Géographie)
Aude Ducroquet (MCF Gestion)
Jean-Christophe Gimel (CR CNRS)
Alain Pagano (MCF Ecologie)
Sandra Contamina (MCF Espagnol)
Olivier Goudet (MCF informatique)